Histoire normale

Un beau jour normal, où il se passait rien d’anormal, ni d’exceptionnel, il y avait trois personnes, tout à fait normales, qui faisait rien de spécial. En plus d’avoir des noms normaux, ils avaient des personnalités normales. C’est ainsi que Luc, Jean et Stéphanie ne faisaient rien de spécial.

Stéphanie dit : «  Eille! C’est une journée normale aujourd’hui, hein!

–  Jean répondit : « Mets-en, y se passe rien de spécial.
–  Elle est tellement normale qu’on ne dirait pas qu’on est en train de vivre.
–  Je suis même prêt à dire que c’est une journée où il y a rien d’exceptionnel.
–   Pense-tu qu’on va réussir à passer cette journée normale sans qui se passe rien de spécial le reste de la journée.
–  Je sais pas. On sait jamais avec les journées normales. On sait jamais quand elles peuvent devenir encore plus normales.
–  On va attendre pis on va voir. »

Les deux amis continuèrent à parler ainsi pendant quelques minutes jusqu’à ce que Luc se joigne à leur conversation.

«  Hey, vous savez que vous avez vraiment une conversation normale?

–  Justement, dit Stéphanie, on avait l’intention de t’en parler. Tu ne trouves pas ça trop normal?
–  Ben non, c’est juste correct normal pour moi.
–   Tant mieux dans ce cas. »

Les trois amis continuèrent leur journée normale jusqu’à ce que Stéphanie ait une idée.

« Dis, ça vous tente d’aller marcher un peu. Question d’être encore plus normal?

–  Ouais, ça serait une bonne idée, dit Luc.
–  Moins, mais où on irait, rajouta Jean.
–  Je crois qu’on devrait aller quelque part de normal. Genre au parc, dit Stéphanie.
–  Parfait, c’est là qu’on va, dit Luc. »

Les trois personnes se dirigèrent vers le parc, de façon tout à fait normale.

«  Donc, on est au parc. Pensez-vous qu’on y verra d’autre gens normaux? Demanda Stéphanie.

–  Je crois que oui. Le parc est l’endroit idéal pour rencontrer d’autres gens normaux, dit Jean.
–  Justement, regardez qui vient là. C’est Yves, dit Luc.
–  Salut Yves, disent tous en même temps.
–  Salut, répondit-il. »

Question d’avoir une conversation normale, Stéphanie ajouta :

« Ça va?

–  Oui, je vais très bien. Je profite de cette journée normale au parc.
–  C’est bien ça. Tu fais la même chose que nous. Eille, c’est toute qu’une journée normale aujourd’hui, hein!
–  Ouais vraiment! J’me demande pourquoi y se passe rien de spécial aujourd’hui?
–  Peut-être que la switch ‘’Journée spéciale’’ est sur OFF?
–  Ça se peut.
–  Fa-ke. Y fait beau hein?
–  Oui. Enfin. C’était le temps.
–  Tu penses que ça va continuer longtemps?
–  Je sais pas. Y’annonce pas super beau lundi.
–  Ah, je savais pas. Parle-moi de ça.
–  Ben, j’ai regardé la météo à matin pis y disaient ça.
–  Ah ben, c’est plate.
–  Ouais vraiment. En tout cas, je dois continuer ma marche normale. Bye Steph, bye les gars!
–  (Les trois) Bye!

Yves continua sa marche.

« J’adore Yves, il a cette capacité à rendre les journées normales encore plus normales, dit Luc.

–  C’est vrai hein! rajouta Jean.
–  Moi je dis qu’il va se rendre loin dans la vie.
–  Ben, il s’enligne pas mal vers ça en tout cas. As-tu su la dernière nouvelle? Ça l’air qu’il s’aurait trouvé une job pas mal normale!
–   Sérieux? Dans quoi il travaille?
–  Il travaille dans un bureau. Y rempli des papiers pis les fait imprimer et recommence.
–  Ah ben.
–  Ouais. Pas mal cool!
–  Venez les gars, on s’en va s’acheter une crème molle. »

C’est ainsi que les trois amis se dirigèrent vers la crèmerie du coin.

«  Oh! Ils ont changé leur slogan : ‘’ Nous sommes la crèmerie du coin et nous vendons de la crème molle.’’ dit Stéphanie.

–   J’aime ça. Ça fait jeune et branché, dit Jean.
–  Qu’est-ce que vous prenez les gars?
–  On va prendre une crème molle à la vanille.
–  Parfait. »

Stéphanie s’approche du comptoir et commande trois crèmes molles à la vanille.

« Bonjour monsieur!

–  Bonjour, nous sommes une crèmerie et nous vendons de la crème glacée.
–  Cool! On voulait justement trois crèmes molles à la vanille. Pouvez-vous nous faire ça?
–  Oui, je vous fais ça immédiatement. »

L’homme au comptoir se mit à faire la crème molle pendant que les trois amis parlèrent ensemble.

« Luc, j’ai pas l’impression que la journée est normale encore. On vient de décider d’aller manger de la crème molle. C’est assez spécial en soit.

–  C’est vrai Jean, manquerait juste que le gars se trompe et nous donne une crème molle au chocolat et on pourrait se poser des questions. »

Au même moment, l’homme au comptoir s’approcha et leur dit : «  J’me suis trompé, j’ai fait une crème molle au chocolat. Est-ce que vous la voulez quand même?

–  Oui, je vais la prendre, ça me dérange pas, dit Stéphanie.
–  T’as vu Jean, il se passe quelque chose là. Je suis pas sûr que j’aime ça.
–  Attends avant de paniquer Luc. C’est peut-être pas grave.
–  Alors ça vous fera 5.26$, dit l’homme à la caisse. »

Pendant que Stéphanie paya la somme due, Luc se mit à paniquer.

–  JEAN!! Ça coûte 5 et 26. T’as entendu?? 26!!! Normalement ça coût 5 et 25. J’ai peur là.
–  Panique pas là… Ils ont peut-être augmenté leur prix.
–  Et pourquoi ils augmenteraient leurs prix??? Je suis sûr qu’ils sentent que ça va être la fin du monde.
–  Arrête! T’es en train de me mettre un doute! »

Stéphanie s’approcha et en voulant donner la crème molle aux gars, elle remarqua Luc qui était en train de paniquer.

–  Qu’est-ce qui se passe les gars, dit Stéphanie.
–  C’est Luc, y capote parce que ça coûté 5.26$.
–  Non, tu comprends pas Jean, c’est parce que normalement ça coûte 5.25$. Tu comprends vraiment pas!
–  Et pourquoi ça serait si grave que ça, dit Stéphanie.
–  Parce que c’est peut-être un signe de l’apocalypse. Notre journée normale n’est plus normale, répondit Luc.
–  C’est vrai hein, j’avais pas pensé à ça. J’ai comme peur moi aussi, dit Stéphanie.
–  Du calme les amis. C’est peut-être juste un erreur. Allons le demander au gars du comptoir. »

Jean s’approcha du gars qui vends de la crème molle et lui dit : « C’est normal qu’on ait payé 5.26$ au lieu de 5.25$ ?

–  Oui
–  Ok. »

Jean retourna voir ses amis.

«  Vous avez entendu. Tout est tout à fait normal.
–  Non Jean, ce n’est pas normal. 5.25$ est normal. Pas 5.26$. Pis en plus y nous a donné une fucking crème glacée au chocolat, dit Luc.
–  Ouais c’est vrai. J’avais pas pensé à ça, dit Stéphanie. C’est inévitablement un signe.
–   Bon, calmez-vous là, on va retourner chez-nous. »

Les trois amis partirent en direction de leur appartement. Au même moment, ils croisèrent Robert, qui n’avait visiblement rien à faire là.

« ROBERT?!? Qu’est-ce que tu fais là, lui dit Luc avec panique.
–  Rien. Je profitais de cette journée normale en prenant une marche dans le quartier.
–  Non Robert, tu peux pas prendre une marche. Ce n’est pas normal, dit Luc.
– Tu as ben trop raison. Oh mon Dieu! Qu’est-ce que je peux ben faire à marcher moi?
–  Jean, tu peux plus nier. D’abords la crème glacée, ensuite le 5 et 26 et maintenant Robert. La fin du monde arrive, dit Luc.
–  Euh… J’ai l’impression de me faire niaiser moi là.
–  Non Jean, je te niaise pas du tout. La fin du monde est en train d’arriver. Ah! Qu’est-ce qu’on va faire??? »

Pendant que Robert reparti vers sa demeure en état de panique, Jean s’approcha de Luc et lui dit : « Panique pas Luc, on v aller à l’appart et on va regarder les nouvelles pour voir ce qui se passe.

–  Attendez, dit Stéphanie, je viens d’aller voir sur internet et ils disent qu’il y a un bateau qui a tourné à gauche au lieu de tourner à droit tout à l’heure dans le port.
–  Ce serait donc, la fin du monde. Il n’y a plus de doutes, angoissant Luc.
–  Attendez! Il doit bien y avoir un explication. J’vous dit qu’on va aller chez-nous.
–  Non Jean! On a pas le temps d’aller chez-nous, dit Stéphanie. La fin du monde est arrivée. On doit vite se trouver des vives pour rester en vie le plus longtemps possible. Suis-nous, on va aller à l’épicerie. »

Les trois amis se dirigèrent vers l’épicerie. Là-bas, il y avait plein de gens en panique qui dévalisaient le commerce. Stéphanie s’approcha de Jean et lui dit : « Tu doutes encore Jean? Tu crois que ces gens sont venus à l’épicerie juste pour le fun. Ils n’ont pas l’air de s’amuser en tout cas.

–  Tout ça devient ridicule. »

Entrés dans l’épicerie, Jean se mis à parler à des gens : « Hey vous! Qu’est-ce que vous faites? Pourquoi paniquez-vous autant?

–  Êtes-vous aveugle. C’est la fin du monde!  Nous devons faire des provisions, dit une femme.
–  Et qu’est-ce qui vous fait dire ça?
–  Le matin, normalement je me prends deux verres de jus d’orange, mais ce matin il ne m’en restait pas assez pour remplir mon deuxième verre. Normalement, j’en ai assez pour deux à tous les jours.
–  Ah je vois! Mais..
–  Monsieur! Je n’ai plus le temps de vous parler, c’est tant pis pour vous si vous n’avez pas fait de provisions. »

La dame s’éloigna et tenta de voler une banane à un homme. Un bagarre éclata et elle mourut. Jean ajouta : « Ça peut pas se terminer ainsi. Tout ceci est d’un ridicule.

–  Jean, prends le bacon à côté de toi, dit Stéphanie. »

Au moment où Jean voulu prendre le bacon, un petit garçon vint lui voler.

«  Qu’est-ce que tu fais Jean, reprends-lui, c’est toi qui le voulait, dit Luc.
–  Je commencerai tout de même pas à me battre avec ce petit garçon pour du bacon.
–  Jean, c’est une question de survit. Si tu lui prends, pas je vais le faire. »

Complètement blasé, Jean pris le bacon au petit garçon qui se sauva en pleurant.

« Bon, et qu’est-ce que je fais maintenant, dit Jean.
-Trouve autre chose, il faut avoir le plus de provision pour rester en vie le plus longtemps possible. »

Au même moment, un homme arriva et avec le petit en train de pleurer dans ses bras. Il dit : «  C’est toi qui a pris mon bacon?

–  Oui, pourquoi?
–  C’est à moi ça. C’est mon bacon. Donne le bacon.
–  Tenez monsieur.
–  JEAN! Qu’est-ce que tu fais!?! On en a besoin de ça, donne pas le bacon aussi facilement, dit Luc.
– Je sais pas. Je sais pu. »

Luc s’approcha de l’homme et lui dit à deux poils du visage : « Ça c’est à moi. MER-CI!

–  Jean ajouta, Luc, tu trouves pas que t’en fait un peu trop.
–  Non Jean, c’était à nous ce bacon. Faut pas se laisser mener par le bout du nez comme ça. »

L’homme s’éloigna complètement fâché en boudant : « C’était à moi ce bacon. Pourquoi il veut pas me laisser mon bacon. »

Les mains pleines de provision, Stéphanie s’approcha et dit : « Jean, pourquoi t’as encore rien dans les mains. Tiens, prends ça et viens-t-en. »

Elle pris une boite de céréales et la donna à Jean.

«  Venez les gars, on retourne à l’appartement ».

Les trois personnes sortirent de l’épicerie et se rendirent à leur appartement.

« Faudrait penser à barrer et condamner la porte et les fenêtres, dit Jean d’un air complètement découragé.
–  Bonne idée, dit Luc. Je vois que tu commences à te mettre en mode survit. C’est bien. Vite, va chercher le marteau et les clous et amène n’importe quoi qui pourrait nous servir de barricade.
–  Je sais pu ce que je dis. Je crois que je suis rendu fou, répondit Jean. »

Jean alla chercher des clous dans une remise et revint les montrer à Luc.

« Est-ce que ça fait ça?
–  Non Jean, ils sont pas assez fort. Va en chercher d’autres.
–  Tu me niaise ou quoi?
–  On ne niaise pas avec le fin du monde. Va en chercher d’autres. »

Jean alla chercher d’autres clous, plus gros et revint.

« Parfait Jean, maintenant, commence à barricader les fenêtres et attends pour la porte. On va s’assurer qu’on a tout avant de condamner la porte d’entrée.
–  Mouin… »

Pendant ce temps, Stéphanie ouvrit la télévision et on entendit :

«  Il semble que la fin du monde serait arrivée cher auditeurs. On nous rapporte plusieurs phénomènes anormaux partout autour du monde. Par exemple à Toronto, où un homme a été surpris en train de traverser une rue alors que normalement il ne la traverse pas. Même chose à Paris, Los Angeles et Le Caire…
– Il n’y a plus de doutes, dit Stéphanie, on est en train de vivre la fin du monde. »

Au même moment, Jean revint s’asseoir dans l’appartement.

«  Tenez, j’ai fini, dit-il. »

La barricade était à moitié posée et pas très protectrice. Luc ajouta :

«  T’es dont ben de mauvaise foi Jean, tu ne comprends pas la game là. On survivra pas longtemps avec ça.
– Et de quoi faudrait se protéger? Des zombies je suppose?
– Jean! Ça existe pas des zombies. On se protège au cas où quelqu’un voulait venir sonner à notre porte alors que normalement personne ne vient.
– Comment j’ai fait pour ne pas penser à ça, dit Jean avec sarcasme. Je m’en vais mieux barricader ça. »

Après avoir rempli tout le garde-manger, le réfrigérateur et tout ce qu’elle a pu trouver comme rangement de nourriture, Stéphanie aida Luc à ramasser les objets à l’extérieur et les deux amis allèrent aider Jean à barricader l’appartement.

« Tiens, je crois que ça va être bon, personne ne pourra entrer de cette manière. Maintenant, il ne reste plus qu’à entrer dans l’appartement et de condamner la porte, dit Stéphanie.

–  Oui, j’allais justement le dire, dit Jean avec découragement. »

Les trois amis rentrèrent dans l’appartement condamna la porte.

« Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait? Dit Jean.
–  On attends, répondit Luc.
–  On attends quoi?
–  On attends que la fin du monde arrive.
–  Ah! »

Les trois amis s’assoyèrent et attendirent que la fin du monde arrive paisiblement.

Et la fin du monde arriva.

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